jean-françois boclé
Tout doit disparaître !
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Tout doit disparaître !

Jean-François Boclé, Tout doit disparaître ! (Everything Must Go!), 2001, installation, blue plastic bags, (HD polythlene, thickness 18/20 microns, 54 x 30 x 14 cm each), variable number and dimensions (here: 50,000, 16 x 6 x 0,9 m), Saber Desconocer, Bienal Salón (inter) Nacional de Artistas, Medellín, Colombia, 2013. ©Jean-François Boclé /Adagp.

Jean-François Boclé, Tout doit disparaître !, 2001, installation, sacs plastiques bleus (polyéthylène HD, épaisseur 18/20 microns, 54 x 30 x 14 cm chaque), nombre et dimensions variables (ici : 40,000, 16 x 6 x 0,9 m), Saber Desconocer, Bienal Salón (inter) Nacional de Artistas, Medellín, Colombie, 2013. ©Jean-François Boclé /Adagp.


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SEE ALSO
CCK Centro Cultural Center, Buenos Aires, 2017
> Collection Frédéric de Goldschmidt, Brussels, 2016
Saatchi Gallery, London, 2015
Bienal Salon (inter)nacional de los artistas, Medellin, Colombia, 2013
BildMuseet, Sweeden, 2008
Thessaloniki Biennale, Greece, 2007
Le Parvis contemporary art center, France, 2005
Palazzo Lenzi, Firenze, Italia, 2005
Mapa Teatro, Bogota, Colombia, 2005
Atelier 231, France, 2004
Ekotechniké Museum, Praha, Czech Republic, 2004
Espace Oscar Niemeyer, Paris, 2001





Tout doit disparaître, c'est ce slogan qui intervient dans les périodes de solde. En 2001 c'était pour moi une manière de poser la question de ce que peut être un mémorial du Black Atlantique, un mémorial de la déportation des Africains vers l'univers plantationnaire américain. La réponse jusqu'à 100 000 sacs plastiques bleus. A la Saatchi Gallery à Londres en 2015 (l'installation avait été achetée par Charles Saatchi en 2014) ou à Buenos Aires au CCK, la dimension est de 100 m2 et la hauteur de 130cm.

Quand j'inscris ce travail dans un lieu que ce soit à Paris, Bogota, Tarbes, Prague, Rouen, Thessalonique, Umea (Suède), Medellin, Bruxelles, Buenos Aires ou à Londres, je n'ai jamais à expliquer que c'est la mer qui est rentré dans le musée, mais aussi le vertige, la submersion. A Rouen en 2004, un enfant de cinq an ma dit « c'est la mer en colère ». Il a écrit au moins d'une façon le mot mer. Je me suis posé la question, mais qu'est ce qu'il voit, je me suis donc mis à sa hauteur, la hauteur de son regard : il voyait la ligne de crête de l'installation les bretelles les coins des sacs, une ligne violente, une ligne en colère.

Tout doit disparaître! n'ai constituée que de sacs plastiques, il faut une tonne pour la réaliser pour une monstration d'une durée de huit mois comme à Londres et à Buenos Aires car l'installation perd chaque jour 20-30cm. Chaque semaine on en rajoute des milliers.
Le principe durant l'accrochage c'est pendant 4 jours avec 14-16 assistants de prendre un sac par les bretelle et on fait rentrer de l'air comme on le fait au supermarché pour y placer des denrées achetés. On souffle dedans pour le projeter à 2-3 mètres dans l'installation. Si il y a 100 000 sacs plastiques il y a 100 000 fois répété ce geste. Il y a 100 000 souffles. L'installation est un peu un poumon que l'on maintien pendant des mois avant son expiration finale, Tout doit disparaître.

Cet objet renvoie au marchand, à la marchandisation. Mais ce n'ai pas un container, il nous parle de nos vies quotidiennes, on l'a tous eu dans nos mains. Le public a comme dans les mains une forme qui touche à l'inimaginable, à l'indicible. Je fais un mémorial de ça. Qui parle de la démesure, de l'innumérable et de l'intime proximité.
Marchandisation, rappelons nous ici que dans le code noir, un noir est juridiquement qualifié de marchandise, de bien meuble. Il est retiré de l'humanité. Vertige du bleu qui absorbe. Bleu de la mer à jamais traversée, Black Atlantic où respire et nous parle, une humanité délestée. 

Dans mon protocole, les lieux d'exposition ont le devoir de faire recycler ces sacs, ils ne se retrouvent pas dans la nature, ils ne sont pas seulement toxiques car ils renvoient à la marchandisation, comme nous en avons maintenant conscience, ils sont toxiques dans leur matière même.

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