jean-françois boclé
Tout doit disparaître !
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Tout doit disparaître !

Jean-François Boclé, Tout doit disparaître ! (Everything Must Go!), edition 1/3 + 1 AP, Saatchi Collection (2014), 2001-, installation, blue plastic bags, (HD polyethylene, thickness 18/20 microns, 54 x 30 x 14 cm each), variable number and dimensions (here: 97,000 of bags during the six months of the exhibition ; 1922 x 524 x 120 cm), Pangaea II: New Art from Africa and Latin America, Saatchi Gallery, London, 2015. ©Jean-François Boclé /Adagp. Courtesy of the Saatchi Gallery.

Jean-François Boclé, Tout doit disparaître !, édition 1/3 + 1 EA, Collection Saatchi (2014), 2001-, installation, sacs plastiques bleus (polyéthylène HD, épaisseur 18/20 microns, 54 x 30 x 14 cm chaque), nombre et dimensions variables (ici : 97,000 sacs durant les six mois de l'exposition ; 1922 x 524 x 120 cm), Pangaea II: New Art from Africa and Latin America, Saatchi Gallery, Londres, 2015. ©Jean-François Boclé /Adagp. Courtesy de la Saatchi Gallery.


French below

Everything must go! is a buzzword during sales, but back in 2001, it was what came to my mind when I thought of what a memorial of the Black Atlantic could be, a memorial commemorating the deportation of African people towards the American plantationary universe. The answer came under the form of up to one thousand plastic bags. At the Saatchi Gallery in London, in 2015 —-after Charles Saatchi had bought the installation in 2014—- or at the CCK, in Buenos Aires, the dimensions of the work was 100 square feet and 4 feet high. Wherever I introduce the piece, be it in Paris, Tarbes, Rouen, in Bogota, Medellin, Prague, Thessaloniki, Umea in Sweden, Brussels, Buenos Aires or London, I never have to explain that the sea has washed in the venue carrying with it the dizziness of submersion.

In Rouen, a five-year-old child told me: “This is an angry sea.” Wondering what the child was seeing, I kneeled near him and saw the ridgeline of the installation, the straps, the corners of the bags, a violent line, an angry line.

Everything must go! is entirely realized with plastic bags. One ton of bags is used for an eight months exhibit, as in London or Buenos Aires, because the installation loses from 7 to 11 inches every day. Thousands of bags are added each week. With a team of 14 to 16 assistants, we hold each bag, inflate it and blow it from 6 to 9 feet onto the installation.

If there are one hundred thousand plastic bags, this gesture is repeated one hundred thousand times. There are one hundred thousand breaths taken. The installation is like a lung assisted for months before its final demise.

Everything must go! A bag conveys the idea of trading, of commodification, and remains open. It tells us about our daily lives. We all have already held one. The audience is presented with a form that evokes the unspeakable, the unimaginable. They are the material of my memorial. They are about excess, about the innumerable and yet they evoke the proximity of the intimate.

Commodification. Let's remember that Jean-Baptiste Colbert's 1685 Code Noir legally turned Black human beings into a commodity, into movable assets. Black beings were excluded from humankind. The bags evoke the dizziness of an engulfing blue, the blue of an ocean crossed, never to return. This is the Black Atlantic where an offloaded humanity still breathes in and speaks to us.

The exhibit specification notes that venues are responsible for the recycling of the bags so that they will not become more litter. They are toxic not only because of the material they are made of, but because we have been made conscious of the ultimate commodification they represent.


SEE ALSO
CCK Centro Cultural Center, Buenos Aires, 2017
> Collection Frédéric de Goldschmidt, Brussels, 2016
Saatchi Gallery, London, 2015
Bienal Salon (inter)nacional de los artistas, Medellin, Colombia, 2013
BildMuseet, Sweeden, 2008
Thessaloniki Biennale, Greece, 2007
Le Parvis contemporary art center, France, 2005
Palazzo Lenzi, Firenze, Italia, 2005
Mapa Teatro, Bogota, Colombia, 2005
Atelier 231, France, 2004
Ekotechniké Museum, Praha, Czech Republic, 2004
Espace Oscar Niemeyer, Paris, 2001





Tout doit disparaître, c'est ce slogan qui intervient dans les périodes de solde. En 2001 c'était pour moi une manière de poser la question de ce que peut être un mémorial du Black Atlantique, un mémorial de la déportation des Africains vers l'univers plantationnaire américain. La réponse jusqu'à 100 000 sacs plastiques bleus. A la Saatchi Gallery à Londres en 2015 (l'installation avait été achetée par Charles Saatchi en 2014) ou à Buenos Aires au CCK, la dimension est de 100 m2 et la hauteur de 130cm.

Quand j'inscris ce travail dans un lieu que ce soit à Paris, Bogota, Tarbes, Prague, Rouen, Thessalonique, Umea (Suède), Medellin, Bruxelles, Buenos Aires ou à Londres, je n'ai jamais à expliquer que c'est la mer qui est rentré dans le musée, mais aussi le vertige, la submersion. A Rouen en 2004, un enfant de cinq an ma dit « c'est la mer en colère ». Il a écrit au moins d'une façon le mot mer. Je me suis posé la question, mais qu'est ce qu'il voit, je me suis donc mis à sa hauteur, la hauteur de son regard : il voyait la ligne de crête de l'installation les bretelles les coins des sacs, une ligne violente, une ligne en colère.

Tout doit disparaître! n'ai constituée que de sacs plastiques, il faut une tonne pour la réaliser pour une monstration d'une durée de huit mois comme à Londres et à Buenos Aires car l'installation perd chaque jour 20-30cm. Chaque semaine on en rajoute des milliers.
Le principe durant l'accrochage c'est pendant 4 jours avec 14-16 assistants de prendre un sac par les bretelle et on fait rentrer de l'air comme on le fait au supermarché pour y placer des denrées achetés. On souffle dedans pour le projeter à 2-3 mètres dans l'installation. Si il y a 100 000 sacs plastiques il y a 100 000 fois répété ce geste. Il y a 100 000 souffles. L'installation est un peu un poumon que l'on maintien pendant des mois avant son expiration finale, Tout doit disparaître.

Cet objet renvoie au marchand, à la marchandisation. Mais ce n'ai pas un container, il nous parle de nos vies quotidiennes, on l'a tous eu dans nos mains. Le public a comme dans les mains une forme qui touche à l'inimaginable, à l'indicible. Je fais un mémorial de ça. Qui parle de la démesure, de l'innumérable et de l'intime proximité.
Marchandisation, rappelons nous ici que dans le code noir, un noir est juridiquement qualifié de marchandise, de bien meuble. Il est retiré de l'humanité. Vertige du bleu qui absorbe. Bleu de la mer à jamais traversée, Black Atlantic où respire et nous parle, une humanité délestée. 

Dans mon protocole, les lieux d'exposition ont le devoir de faire recycler ces sacs, ils ne se retrouvent pas dans la nature, ils ne sont pas seulement toxiques car ils renvoient à la marchandisation, comme nous en avons maintenant conscience, ils sont toxiques dans leur matière même.

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