jean-françois boclé
Je ne savais pas
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Je ne savais pas

Jean-François Boclé, Je ne savais pas, 2005-2017, sound installation, school furniture laid bare and scoop out, sound (stereo, 7:23, speakers, text of the artist said by Nicolas Vial and Xavier Guerlin , variable dimensions, Kréyol Garden, MACTe Mémorial ACTe, Guadeloupe, 2017. ©Jean-François Boclé /Adagp.

Jean-François Boclé, Je ne savais pas, 2005-2017, installation sonore, mobilier scolaire mis à nu et évidé, son (stéréo, speakers, 7:23, texte de l'artiste dit par Nicolas Vial et Xavier Guerlin), dimensions variables, Kréyol Garden, MACTe Mémorial ACTe, Guadeloupe, 2017. ©Jean-François Boclé /Adagp


SEE ALSO
Je ne savais pas, Republic of Mauritius, 2007 ;
Je ne savais pas, Palazzo Lenzi IFF, Firenze, Italia, 2005.



Sound
Direction of actors and editing: Jean-François Boclé, 2017. 
Voices: Nicolas Vial, director and actor ; Xavier Guerlin, actor.
Text: Jean-François Boclé, 2005



Si l’on dit Ils savaient, cela convoque l’Histoire Majuscule. Si l’on dit Tu savais, cela soulève davantage les silences, les dénis intimes et familiaux. J’ai écrit la totalité des phrases possibles que tolère la langue française où intervient le mot Savoir. J'épuise la langue. L'espace est doublement saturé : deux voix, diffusées par speakers, incarnent ce texte, du mobilier scolaire mis à nu nous dit l'innumérable de l'épave et de l'échouage.
Pourquoi le Savoir en français? La langue créole ne permet que peu de tergiversations sur le Savoir. Nous disons Sa ki sav sa, saki pa sav pa sav (ceux qui savent savent, ceux qui ne savent pas ne savent pas).

L'installation au MACTe y est présentée pour la première fois en installaion sonore. Sur le Parvis du Mémorial ACTe, elle fait face à la mer des Caraïbe, s'y inscrivant comme une épave échouée là. Elle répond à l'achitecture du mémorial, une nef de métal au contacte de la mer, et aux visées du MACTe, lieu de transmission et de partage de la mémoire et du savoir.
Le mobilier  scolaire, réalisé en résidence  au Lycée Chevalier de Saint-Georges (Les Abymes, Guadeloupe) convoque une autre association Savoir(s) / mer : l'artiste a collaboré avec des élèves en CAP Réparation Nautique. Le mobilier a été collecté par l'artiste dans les rebuts de ce lieu de transmission de savoir. Cette version de Je ne savais pas a aussi déplacé 
Les Abymes au MACTe : 3 chaises sont manquantes pour dire une absence. Qui sont celles-ceux qui s'assayaient sur ces chaises vides aujourd'hui? Celles-ceux en échapement scolaire (les filières professionnelles sont parfois le rebut de l'éducation nationnale) ? Celles-ceux qui sont assassiné-e-s ou blessé-e-s sur le chemin de l'école (un élève y a été assassiné lors du vol de son smartphone dans ce quartier défavorisé de Poite-à-Pitre, d'autres blessés à l'arme blanche) ? 
Ces trois vides pertubent l'ordonnancement implacable de cette salle de classe (16 tables et 29 chaises) en même temps qu'ils amplifient la béance adressée par l'artiste au public du MACTe. 



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