jean-françois boclé
Caribbean Hurricane
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Caribbean Hurricane

French below


Jean-François Boclé, Untitled, series Caribbean Hurricane, 2010, ongoing, installation, ventilators (variable number and size, here: 5 of 70 cm diameter each), variable political colors (various strips of tissues  and plastic from bags), variable dimensions, Van Gogh Museum, Amsterdam, in the frame of the exhibition Gauguin and Laval in Martinique, 2018. ©Jean-François Boclé /Adagp.

SEE ALSO
Habana Bienal, Cuba, 2012
Kunsthal KadE, Amersfoort, Netherlands, 2012

Caribbean Hurricane has also been  exhibited in 2010 (miXed, Parnassus Kerk, Ghent, Belgium) and in 2011 (Caribe Expandido, Domaine de Fonds Saint-Jacques, Martinique).

Caribbean Hurricane at the Van Gogh Museum
Caribbean hurricane is a series of installation for variable number of fans and variable political colors. In this version presented in 2018 at the Van Gogh Museum of Amsterdam in the frame of the exhibition Gauguin and Laval in Martinique I respond to the work of the two painters and their imagination on an immersive and pictural mode: two side fans try to take in pincers three front fans. These last ones refer to the three colors of the banners of the Black Star Line Company founded by Markus Garvey. A heterotopic project in the American and Caribbean context relative to the African-American in the early 20th century. It was for Garvey a way of offering African-American another relation to displacment - let us recall that of Gauguin. The aim of the Black Star Line was to redistribute the relationship to space: these ships linked formost the United States, Central America and Caribbean. This heterotopia face to the dystopia that Garvey was familiar with, that of the United Fruit Comapny’s banana cargo ships and its Banana Republic. Indeed Garvey was part of it before - migrating to the United States - of these jamaican employees in Costa Rica in the banana production.
The two side fans fight in the same hurricane with the dream of Garvey: on the right the colors of exotic fruits, banana or mango so presnet in the paintings of Gauguin, on the left the current flags of the four countries having chartered caravels in Caribbean following the first step of Cristobal Colon on an island of Bahamas.

This political and pictorial hurricane that I bring to the Van Gogh Museum and of which I overwhelm the public says this Caribbean as well crossed by natural forces sometimes destructive as by lines of fractures where the man is as well capable of heterotopia as of heterotopic responses.





 


Jean-François Boclé, Untitled, series Caribbean Hurricane, 2010, ongoing, installation, ventilateurs (nombre et dimensions variables, ici : 5 de 70 cm de diamètre chaque), couleurs politiques variables (divers bandelettes de tissu et de sacs plastiques), dimensions variables, Van Gogh Museum, Amsterdam, dans le cadre de l'exposition Gauguin and Laval in Martinique, 2018. ©Jean-François Boclé/Adagp.

VOIR AUSSI
Habana Bienal, Cuba, 2012
Kunsthal KadE, Amersfoort, Pays-Bas, 2012

Caribbean Hurricane a été aussi exposé en 2010 (miXed, Parnassus Kerk, Gand, Belgique) et en 2011 (Caribe Expandido, Domaine de Fonds Saint-Jacques, Martinique).



Caribbean Hurricane au Van Gogh Museum
Caribbean hurricane est une série d’installation pour nombre variable de ventilateurs et couleurs politiques variables. Dans cette version présentée en 2018 en solo show au Van Gogh Museum d’Amsterdam dans le cadre de l’exposition Gauguin et Laval en Martinique je réponds aux peintures des deux peintres et à leur imaginaire sur un mode immersif et pictural : deux ventilateurs latéraux tentent de prendre en tenailles trois ventilateurs frontaux. Ces derniers renvoient aux trois couleurs des étendards de la Black Line Company (1) fondée par Markus Garvey. Un projet hétérotopique dans le contexte américain et caribéen vis à vis des Noirs au début du XXe siècle. Il s’agissait pour Garvey d’offrir aux Noirs un autre rapport au déplacement - rappelons nous le rapport au déplacement de Gauguin. La Black Star line avait pour vocation de redistribuer le rapport à l’espace : ces navires reliaient en premier lieu les Etats-Unis, l’Amérique Centrale et la Caraïbe. Cette hétérotopie faisait face à une dystopie que Garvey connaissait bien, celle des cargos bananiers de la United Fruit Company et ses Républiques bananières. En effet Garvey a fait partie avant de migrer aux Etat-Unis de ces travailleurs jamaïcains employés au Costa Rica dans la production bananière.
Les deux ventilateurs latéraux bataillent dans un même cyclone avec le rêve de Garvey : à droite les couleurs de fruits exotiques, la banane ou encore la mangue si présente dans les peintures de Gauguin, à gauche les drapeaux actuels des quatre pays ayant afrété des caravelles en Caraïbe suite au premier pas de Christophe Colomb dans une île des Bahamas.

Ce cyclone politique autant que pictural que j’ai fait rentrer au Van Gogh Museum et dont je submerge le public dit cette Caraïbe aussi bien traversée par des forces naturelles parfois destructrices que par des lignes de fratures où l’homme est aussi bien capable de dystopie que de réponses hétérotopiques.

1 - La Black Star Line Company, une hétérotopie Africaine-Américaine & Caribéenne vaincue, envisagea un déplacement des personnes et des marchandises, autre que celui fondé en 1492. La Caraïbe en était une plaque tournante (Puerto Limon au Costa Rica, ou la Jamaïque d'où était originaire Garvey). La BSLC était aussi une contre mesure à d'autres "conquêtes du monde", celles des cargo bananiers de la United Fruite Company (États-Unis-Jamaïque-Puerto Limon). Garvey travailla comme tant de jamaïcains pour la UFC à Limon. La UFC, sous d'autres noms (Dole, Chiquita Banana) agissent aujourd'hui encore au Costa Rica ou dans la Zona Banera colomienne. La Guadeloupe et la Martinique ont aussi leur banane-monoculture d'exportation, et ses conséquences.


 

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